Une année européenne #17 min read

Ceci est un journal de bord. Il débute le 10 mai 2018, jour de la remise du prix Charlemagne au Président des français.

Emmanuel Macron est félicité par Angela Merkel qui, à cette occasion, exprime sans ambiguïté, cette volonté commune de s’engager vers une Europe indépendante et souveraine.

Il faut dire que la veille, jour du 68ème anniversaire de la fondation de l’Europe, les dirigeants n’ont pu que constater la faille béante créée dans le pacte allié par la décision du Président américain de se retirer de l’accord nucléaire avec l’Iran.

Dans un contexte de montée des populismes à travers le continent, Emmanuel Macron avait inscrit sa campagne aux présidentielles dans cet impératif de refonder l’Europe, prônant une convergence accrue dans nombre de domaines. Depuis, cette position a été ralliée par nombre de citoyens au-delà même des frontières nationales.

Pour certains, l’Europe relève d’une Utopie. A ce jour, peut-être; cependant la mondialisation a commencé dès les premières migrations parties d’Afrique pour peupler le monde ; des villages puis des cités, des duchés se sont formés, enfin des nations se sont unifiées; alors pourquoi ne continueraient-elles pas à le faire. Désormais, nous ne pouvons reculer et devons renforcer notre puissance économique, technologique et idéologique face aux grands blocs américains et chinois.

Les discours prononcés au pied du Parthénon, celui de la Sorbonne puis devant le parlement à Strasbourg ont posé les jalons du nouveau projet européen porté par le Chef de l’Etat. La Chancelière fait entendre une autre musique qui, sans être dissonante, joue plus « moderato » refusant notamment l’instauration d’un budget propre à la zone euro.

Le prochain rendez-vous est fixé au sommet franco-allemand du mois de juin.

D’ici là, je poursuis mon engagement sincère à la cause européenne porteuse des valeurs démocratiques en lesquelles nous croyons et qui en valent bien le combat. Car le danger de voir le nombre d’eurosceptiques augmenter au parlement à l’issue des prochaines élections européennes est réel.

On ne peut non plus se satisfaire d’un si faible taux de participation aux élections européennes, il nous appartient d’instruire le débat. Dans cet esprit, des consultations citoyennes se tiendront partout en Europe.

Nous, La République En Marche, son délégué général, ses élus, ses marcheurs devons aller à la rencontre des citoyens et élus des autres pays d’Europe. Nous devons écouter et porter la voix de la France, notamment auprès des pays à nos frontières à l’est où l’inquiétude face à la Russie est prégnante et au nord où les divergences en termes d’unification sont plus flagrantes.

D’où la tenue de ce journal pour rendre compte, sans concession, mois après mois sur une période de un an qui aboutira aux résultats des élections, des progrès engagés, des coopérations engrangées et aussi des reculades et des hésitations. En résumé, rendre compte de tout ce que nous aurons pu apprécier ou négliger mais qui fera le résultat que nous connaîtrons au mois de mai 2019.

Comme les sujets sont vastes, j’ai retenu comme angle privilégié les enjeux de souveraineté de l’Europe en matière de Sécurité et de Défense et de protection de nos actifs stratégiques.


Pour en savoir plus sur la Défense européenne

Au niveau européen, la politique en matière de sécurité et de défense est placée auprès de la Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Frederica Mogherini, à ce titre elle rend compte au conseil européen.

En 2017, l’Europe de la Défense a connu une forte accélération avec la mise en œuvre concrète de deux nouveaux instruments : la Coopération Structurée Permanente, CSP ou PESCO en anglais, s’appuyant sur une liste de projets en coopération entre les Etats Membres, et le Fonds Européen de Défense dont le but est de soutenir l’innovation et le développement de nouveaux équipements pour nos forces. Un troisième outil dénommé CARD, vise à harmoniser les besoins capacitaires des différents états dans le but d’assurer une meilleure convergence et des économies d’échelle.

L’Europe de la Défense n’a donc pas pour but de constituer une armée fédérale mais d’augmenter la coopération en matière de capacités et de moyens de souveraineté.

Pour Emmanuel Macron, il importe de développer parallèlement une culture stratégique commune qui permette à l’Europe d’exercer cette souveraineté et de protéger ses citoyens grâce à une force d’intervention commune. Dans cet objectif, il propose la création d’une Initiative d’Intervention Européenne entre pays leaders en Défense y compris la Grande Bretagne. La Défense européenne reste, par traité, cohérente avec les politiques mises en œuvre par chaque Etat Membre et la politique d’alliance au sein de l’OTAN.

Pour en savoir plus sur le projet de règlement du Parlement européen et du Conseil pour le filtrage des investissements directs étrangers dans l’Union européenne

“L’Union restera ouverte aux investissements directs étrangers, mais cette ouverture doit s’accompagner de politiques dynamiques et efficaces, d’une part, pour que les autres économies s’ouvrent et que chacun joue selon les mêmes règles et, d’autre part, afin de protéger les actifs européens essentiels contre les investissements qui porteraient atteinte aux intérêts légitimes de l’Union ou de ses États membres.

Le présent projet de règlement vise à établir un cadre pour le filtrage par les États Membres, et dans certains cas la Commission, des investissements directs étrangers dans l’Union européenne, tout en permettant aux États membres de tenir compte de leur situation individuelle et des spécificités nationales.”

La France, l’Allemagne et l’Italie sont parmi les promoteurs de ce projet, il s’agit de protéger plus efficacement nos actifs stratégiques ainsi qu’un certain nombre de technologies clés.

D’autres pays adeptes du libre-échange et d’une moindre régulation, tel l’Irlande, le Danemark, s’y opposent. A ceux-là, on pourra objecter la reprise de la société allemande KUKA spécialisée en robotique par une entreprise chinoise. Plus ancien, le rachat du port du Pyrée par des investisseurs chinois et pour lequel la question se pose du soutien que l’Europe aurait pu apporter à la Grèce en investissant collectivement dans un projet de reprise.


Rendez-vous en juin pour mon prochain post !

Natalia Pouzyreff, députée des Yvelines

 

 

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